L’amour : c’est la recherche du désir à partager et une volonté sans limite de l’atteindre. Si une personne s'investit totalement dans l’amour c'est qu'il relie partage et bonheur: le désir, ne peut être qu'un bonheur partagé avec autrui, le bonheur de désirer et d'être désiré.
Mais si le bonheur ne peut se concevoir sans l'expansion d'une liberté comment exercer cette liberté en même temps que la liberté d'autrui? D'autant plus qu'ici la dualité peut toujours être rompue parce qu'elle est externe et qu'une séparation peut toujours se produire. En voulant le bonheur d'autrui, on veut sa liberté et par là on laisse la possibilité d'une rupture.
Or il n'y a pas de bonheur durable dans une solitude choisie et encore moins dans une solitude imposée
Le bonheur : ne peut être une conquête ou une poursuite de l'avoir, la recherche du bonheur peut être la recherche de soi à travers l’autre. On se regarde, dans le couple, pour se fixer mutuellement: Mais à trop se regarder, on finit par confondre le sujet et l'objet, l'amour et la passion au risque d'être écorché quand se révèle la routine, si différent de ce qu'on avait vécu dans le premier coup de foudre.
Il semble alors que la recherche du bonheur, d'un bonheur partagé, implique que l'on soit deux, différents, et que l'on regarde dans la même direction. A cette condition l'amour peut réunir dans un projet commun sans porter en lui le germe de l'aliénation, sans que l'un ou l'autre ne doive se sacrifier en renonçant à sa liberté. Il s'agit de trouver une médiation, celle d'un projet et non pas un compromis mou où aucun ne se retrouve. Que serait en effet un amour entre deux personnes, fins en soi, pour qui la recherche du bonheur ne peut être qu'expansion de la liberté, dans l'enfer des compromis?
La recherche du bonheur ? N'est possible que si l'erreur première est rectifiée: c'est dire que l'amour exige une purification voulue. La recherche de la possession porte en elle le germe d'un attentat à l'existence de l'autre, un autruicide.
Exemple : je ne savais pas ce que je cherchais, qui je cherchais. J'étais alors pris dans un leurre. Aujourd'hui je suis libéré d'un poids. Je peux vivre libre, respirer." On ne dépasse pas le stade du simple désir, désir réduit au plaisir passager, ou pénétré de l'illusion qui confond le bonheur et l'avoir: "Est-ce que on peux se regarder autrement ! Autrement que par un regard habité par le démon de la destruction qui transforme le sujet en objet et qui croit qu'en le possédant il possèdera le bonheur.
l'amour au risque de se perdre on ne doit chercher que ce qui ne peut être donné: le un semblant de plaisir comme satisfaction d'un besoin et certainement pas le tourment des opinions qui est du faut bonheur. En effet demander au plaisir plus qu'il ne peut donner c'est chercher le malheur, c'est lui demander l'impossible car le plaisir étant déraisonnable, il ne saurait donc donner le bonheur. Dans l'amour passion, dit un amour fou on perd la vertu et le bonheur, on reçoit en échange ce qui est toujours en mouvement, ce qui échappe sans cesse. La recherche du bonheur se perd alors dans l'opinion, dans le leurre. Reste à échapper à cette routine qui détruit le bonheur dans la passion. C'est à dire de réduire l'objet à un vide, à l'absence du sujet que l'on poursuit en lui demandant une reconnaissance qu'il ne pourra plus donner parce qu'il est nié, en le réduisant à un creux, à un rien qui ne mérite pas qu'on s'y attarde. Les fantasmes qui recouvrent nos plus petits désirs pour toujours aller de l’avant sans jamais rencontrer ce routine qui se dévoile au fil du temps et fait disparaître tout sentiment comme une inconsistante d’une relation à deux. Un vide qui s’accompagne d'un vide dans du vide, qui fait rien que remuer du vent. La recherche du bonheur dans et par l'amour se perd donc dans le leurre de la passion ou dans le vide de liberté, puisqu'on a transformé le sujet en objet. Serait-ce que le vent suffirait aux êtres épris de liberté ? Mais si la nature suffit aux cervelles d'oiseaux, elle ne saurait suffire à l'homme qui porte en lui l'infini besoin de trouver son bonheur pour fuir son enfer du quotidien.